Le dernier budget du gouvernement mauricien est sur toutes les lèvres à Maurice ! Naturellement, dirait-on, cet exercice d’équilibriste annuel entrepris par chaque régime en place suscite l’intérêt d’une population en mal de loisir. Débats passionnés, souvent dopés à la sauce politiques, discours venimeux – tout y est ! Le gouvernement actuel, étant à mi-chemin de son mandat, se devait de présenter un plan économique faisant la part belle au social ; et ce après un précédent exercice mal accueilli par la population dans son ensemble.
Le petit peuple a longtemps gardé le goût amer d’un budget d’austérité. L’arrivée de la taxe immobilière, taxant toutes les propriétés (rurales et urbaines) et surtout les fameux pieds-dans-l’eau, fut une catastrophe en elle-même. Sans cadastre (eh oui, ça n’existe pas à Maurice !), comment le gouvernement pensait-il évaluer la propriété ? Tout ça, c’était dans l’exercice de 2006/2007. Méfiant à souhait, le mauricien s’attendait à une augmentation du taux de TVA (actuellement 15%) ou à l’élargissement de l’assiette fiscale. A ce stade, il est bon de noter que le mauricien commun est expert dans les analyses. Les meilleurs stratèges en football, les meilleures analystes economico-politico-social… vous les trouverez tous sous la varangue d’une taverne… étonnant !
La psychose est vite installée ; on annonce un taux de TVA de 17% qui devait aussi inclure les denrées de base (riz, farine, huile..), normalement exemptes de cette taxe. On annonce aussi, dans ces milieux connaisseurs, des taxes additionnelles sur la cigarette et les boissons alcoolisées – souffre douleur par excellence de tout régime en manque de liquidité et de crédibilité. Les supermarchés annoncent une pénurie de tous ces produits soi-disant dans le viseur du grand argentier. Résultat : pas de lait, ni de cigarettes à partir de la veille du discours du budget - sport favoris des commerçants à l’évidence depuis l’indépendance du pays.
Le penalty est tiré… contre-pied parfait ! Pas de taxe additionnelle, mais une réduction de la taxe corporative de 22.5% à 15% pour tout le monde… même les particuliers. Pas d’augmentation de la cigarette (je suis fumeur)…bref : aucun prix ne prend l’ascenseur. Par contre, des mesures judicieuses, visant à capitaliser davantage sur le pouvoir d’achat des étrangers (évidemment € & $) à travers une ouverture (encore, oui !) de l’espace économique mauricienne.
Le plan IRS, à l’avantage des gros propriétaires fonciers mauriciens, est élargi afin de permettre aux petits détenteurs de terrains (10 Ha) de lancer leur projet. Les potentiels acheteurs étrangers peuvent acheter sans contraintes de prix (avant c’était US$ 500,000). Autre mesure, les expatriés étrangers percevant un salaire mensuel de Rs150,000 peuvent faire une demande de Résidence Permanente, menant aux droits d’acquisitions de fonciers. Le visa d’affaires, de 90 jours maximum par an est étendu à 180 jours et un permis de séjour professionnel disponible pour 9 mois.. avant impossible !
Le manque d’initiative est interprété par le Ministre de Finance d’une façon royalement positive. Le pays progresse et donc n’a plus besoin de mesures d’austérité additionnel - et ce même ministre a passé son temps à décrier son héritage économique catastrophique et les squelettes laissées dans le placard par l’ancien régime. Le Ministre des Finances, a maintes fois déclaré avant son discours ‘je ne suis pas un magicien’….et à mon avis il lui sera difficile à expliquer la magie qui a changé l’économie potiron en palanquin royal. Cendrillon, ou es-tu ?
la peche au capital se fait dans bcp de pays, au maroc on attire aussi les retraités.
Il peut y avoir des degats collateraux (augmentation du foncier et des prix a la consommation), mais dans l'ensemble cela dynamise l'emploi et incite a l'investissement la ou de toute maniere il n'y en aurait pas forcément eu. est-ce que ces programmes perdureont ?