En ouvrant l’accès aux capitaux et compétences étrangers, l’Ile Maurice ne s’est pas attirée que la clientèle visée. Je me suis fait cette réflexion dans un de mes articles précédents, mais je me vois contraint à revenir à la charge suite à la mésaventure personnelle que j’ai vécu face à un de ces pseudo investisseurs.
Sans entrer dans les détails de cette ‘histoire’, je vous propose en grandes lignes quelques points saillants. Il m’a été très difficile de retrouver mon humour… alors milles excuses pour ce ‘manquements’, cher audience !
Voila un an qu’un Monsieur français me contacte, à travers ce blog, pour contempler une éventuelle installation sur Maurice. On a très vite sympathisé, et après des jours et des semaines de discussion, on devient ami et je lui fait part de mon projet personnel : monter un restaurant. J’apprends alors que Monsieur est professionnel dans le domaine et qu’il avait aussi ses restaurants en France. Sans hésitation je l’invite à se joindre à moi et je lui transmets mon ‘business plan’. Il fait quelques correction et ajustements – en vrai professionnel et nous voila engagés dans un projet commun. Monsieur apportera l’expertise technique et moi je prends en charge le juridique – hors de la contribution financière nécessaire de chaque côté.
Au fil des discussions, Monsieur m’impose subtilement son compagnon. Etant maintenant de très bons amis (on se disait frères), je ne pouvais refuser…mais je demande aussi si je peux ramener mon propre frère. Monsieur est d’accord, son compagnon aussi…mais mon frère a d’autres priorités. Tant pis, on reste à trois et on continu (sachez qu’à ce stade tout se déroule par email car les deux compères sont toujours dans leur pays). Mais non, le compagnon de Monsieur.. impose subtilement (eh oui ! aussi) l’intégration de son frère… ok, un de plus (dans ma tête) ne fera que du bien. Ce que je realise pas à cet instant, ce qu’ils m’imposent des parts égales à chacun : soit 25% par personne.. donc théoriquement ils sont à 75%. En sus de cela ils ont 3 sièges sur le Conseil d’Administration et moi 1. D’habitude j’attire toute de suite l’attention de mes clients sur des choses comme cela…mais dans mon propre cas, je n’ai pas vu venir la chose ! Voila l’exemple typique du cordonnier mal chaussé…. !
Ils débarquent à Maurice finalement, une maison déjà à leur disposition, je trouve une voiture en location longue durée. Tout va bien ! Super, on est entre frères et on va faire un malheur à Maurice… un quatuor d’enfer (Lucifer était bien en face de moi).
Après quelques semaines on commence à faire le tour des banques pour trouver un financement. A ce stade, je ne me rencontre même par qu’ils n’ont pas un sou en poche, moi je suis prêt avec mes fonds. Messieurs ne peuvent même pas fournir une attestation bancaire, étant en ‘interdits bancaires’ dans leurs pays. Encore, je ne vois rien venir. Je place mes sous, on monte le projet, en attendant que leurs argents arrivent.
Trois mois après, toujours rien ! Pas de fond de roulement, … rien ! Et ils bouffent la caisse, consomme les alcools du commerce, le champagne coule à flot quand ils invitent leurs nouveaux amis Mauriciens… Entre ‘grands petos’ on ne boit pas du Coca ! Ils ne peuvent pas payer les employés, le loyer du local, les fournisseurs…
Là ils me demandent de placer ma propriété en garantie contre un découvert bancaire. Je refuse. Etant blancs de peau (lisait mon blog sur la culture mauricienne), ils trouvent facilement un autre français pour placer cet argent. La situation explose. Je quitte l’établissement sans vouloir y retourner mais en promettant de récupérer ‘mon affaire’.
Aujourd’hui ils se prennent toujours pour les propriétaires des lieux… ils avaient cette attitude dès le début. Ils ont même agressé le vrai propriétaire de l’immeuble. Ils sont connus comme les nouveaux grands investisseurs à Grand Baie. Ils bombent le torse… mais ils sont étrangers et blancs… donc forcement le mauvais c’est le petit Mauricien !
Ces messieurs qui ne cessent de se dire ‘investisseurs ayant mis Rs4 millions’ n’avaient même pas d’argent pour payer leur loyer de résidence, ils n’avaient pas Rs200 pour mettre de l’essence dans la voiture louée et ont du me suivre jusqu'à la banque (quasiment un hold-up) pour que je les avance un peu de sous, ils essaient d’acheter du temps à tout le monde. Et ont même pris un avocat pour se défendre contre moi, car apparemment le bruit cours que le petit Mauricien veut doubler les Français. Pauvre avocat…, il devra également initier des actions légales pour récupérer ses honoraires. Et s’il est payé se sera avec l’argent de ma caisse !
Voila pourquoi il est nécessaire qu’à un certain niveau l’état Mauricien, et les Mauriciens en général se doivent d’assurer que ceux qui se disent investisseurs investissent vraiment dans ce pays ! Ces investisseurs de zéros pillent nos banques, squattent nos espaces, et grillent les chances des Mauriciens – je ne suis pas xénophobe … je gagne ma vie en faisant entrer des étrangers dans le pays.
Je suis dégoûté, mais heureusement dans ma profession je côtoie quand même des vrais investisseurs, parmi eux pas tous des super riches, mais au moins ils viennent avec leur cœur, l’honnêteté et le sourire… et ça c’est un vrai bonheur !